Encore un Conseiller fédéral du Mitteland. Et alors?

Dans une nation fondée sur la volonté du bien vivre ensemble, on peut légitimement se poser la question de la représentation équilibrée des régions au plus haut niveau des institutions. Cependant, avant de porter un jugement hâtif, il faut au préalable comprendre les exigences du concept de «nation fondée sur la volonté d’être ensemble».

En premier lieu, cela signifie que les institutions doivent refléter dans une large mesure la volonté du peuple, et donc être plutôt de type «bottom up» (1). Le fédéralisme, la subsidiarité, la démocratie directe offrent en principe de telles conditions de gouvernance.

Quatre conseillers fédéraux sur sept proviennent de l'Espace Mittelland. Et alors? Prestation de serment du nouveau gouvernement le 14 décembre à Berne. (Keystone)

En second lieu, les circonstances dictent, plus souvent qu’à leur tour, la conduite des affaires publiques dans un tel système et c’est sans doute là que réside le nœud du problème. Les faits, les circonstances marquent le champ du politique plus que les programmes de législature. On évoque alors l’action pragmatique pour désigner cet état de fait mais en réalité, ce sont bien la surprise face aux circonstances changeantes tant nationales qu’internationales qui font plus réagir nos instances politiques.

On peut le déplorer; mais en même temps, c’est exactement le résultat de la construction «voulue» du pays, car vouloir exister comme une nation basée sur la volonté de vivre ensemble implique une gouvernance à géométrie variable donc dictée par les circonstances.

Ce qui compte, c’est les circonstances de la nomination des conseillers fédéraux et non leur provenance.

Dès lors, on comprend bien que la question de la représentation régionale est subsidiaire. Ce qui compte, c’est les circonstances de la nomination des conseillers fédéraux et non leur provenance. Il faut tenter de gouverner ensemble, le mieux possible et ensuite éventuellement chercher quelques équilibres régionaux.

En conclusion, s’il y a aujourd’hui quatre représentants du Mitteland au Conseil fédéral, cela n’a aucune importance; ce qui devrait compter ce sont les principes de gouvernance à suivre. Sur cette question, il y aurait beaucoup de choses à dire tant les circonstances des changements mondiaux et européens ont des effets directs sur notre pays mais semblent largement mal comprises ou anticipées. Ceci est un autre sujet sur lequel il faudrait évidemment revenir.

Pour conclure, laissons cette phrase à la méditation de tous: « Une gouvernance à géométrie variable est la base même d’une nation fondée sur la volonté d’être ensemble.»

(1) On pourrait dire «ascendante» (note de l’éditeur).