Afflux de réfugiés sur les partis politiques suisses

Est-ce que la Suisse doit accepter les réfugiés, ou pas ? La question, bien qu’hypothétique, est souvent posée. Peu se sont étonnés de la réponse du Conseiller National UDC Christoph Mörgeli. Selon ses propos, nous ne devrions pas envoyer le renforcement frontalier à Frontex en Italie, mais l’établir dès maintenant à Chiasso. La déclaration du Conseiller Fédéral Ueli Maurer dans le Sonntagsblick, stipulant que l’armée ne dispose pas d’abris appropriés pour réfugiés, correspond parfaitement à la politique des étrangers de son parti.

Fuyant le «Printemps arabe», ils sont des millions à viser l'Europe.

Les réponses de la gauche sont en revanche incongrues. Le président des Verts Ueli Leuenberger qui, sur Tagesanzeiger.ch, parle d’abord de solidarité, minimise quand on devient concret, puis marmonne quelque chose à propos de contingents qui, dans le cas d’une arrivée de réfugiés, deviendraient réels. Le président du Parti socialiste Christian Levrat, lui, évite la question: nous n’y sommes pas encore, «nous verrons bien», la situation nous préoccupe tous…

Dans une interview accordée à la NZZ am Sonntag, Micheline Calmy-Rey, la conseillière fédérale socialiste, ne se laisse pas plus exalter par un OUI. «Il s’agit pour nous, avant tout, d’apporter une aide sur place», répond-elle à une question sans équivoque: «La Suisse doit-elle accueillir les réfugiés de son plein gré?»

La nécessité de logements s’est encore accentuée avec l’immigration. Les loyers, quant à eux, se sont envolés de manière démesurée. À cause de la construction, les espaces verts, déjà peu présents, seront bétonnés et le peu d’emplois vacants sera inéluctablement pris par des citoyens européens mieux qualifiés.

Cette hésitation a une raison évidente: celui qui veut réussir dans les urnes cet automne doit pratiquer son hostilité envers les étrangers. En effet, la méfiance à l’égard des étrangers s’est clairement accentuée ces dernières années, et le point culminant de cette désaffection n’est peut-être pas encore atteint. La raison? Si les accords bilatéraux avec l’Union Européenne garantissent, certes, l’avenir économique de la Suisse, ils ont néanmoins bien des inconvénients.

La nécessité de logements, qui s’est depuis plusieurs années notablement accrue, s’est encore accentuée avec l’immigration. Les loyers, quant à eux, se sont envolés de manière démesurée. À cause de la construction, les espaces verts, déjà peu présents, seront bétonnés et le peu d’emplois vacants sera inéluctablement pris par des citoyens européens mieux qualifiés.

Se loger et travailler sont les fondements de notre quotidien: qui se sent menacé à ce niveau peut facilement changer ses choix politiques. Ainsi et uniquement ainsi, il est possible d’expliquer que les préoccupations hostiles à la migration, comme l’interdiction de la construction de minarets et l’initiative sur le renvoi de criminels étrangers, puissent, presque avec aisance, obtenir la majorité alors qu’elles ne résolvent aucun de ces problèmes.

Tandis que l’interdiction des minarets ne reste provisoirement qu’un article abstrait de la constitution, la question des réfugiés est par contre concrète et d’une importance existentielle pour les personnes concernées. Le mécontentement face à l’accueil de réfugiés est préoccupant, tout comme la stratégie rhétorique des représentants des partis qui ne veulent pas faire fuir les électeurs. Ce n’est pas un hasard si les représentants Libéraux-Radicaux et Démocrates Chrétiens sont les seuls à répondre «Oui», dans un sondage du Tagesanzeiger.ch réalisé au Palais fédéral. «Oui, la Suisse devrait accueillir des réfugiés», affirmaient ainsi le président de groupe parlementaire PDC Urs Schwaller et la conseillère aux Etats lucernoise Helen Leumann (PLR).

D’après des sondages faits auprès des électeurs, le PDC et PLR feront, en automne, partie des perdants…