Le temps des Verts au Conseil fédéral est venu!

Le président des Verts suisses, Ueli Leuenberger, à la tribune de l’assemblée des délégués de son parti ce printemps à Bâle. (Keystone/Georgios Kefalas)

L’idée d’avoir Joschka Fischer comme éventuel candidat à la chancellerie traverse l’esprit de nombreux Allemands. La question des chanceliers, c’est-à-dire la recherche des partis pour trouver des candidats, concerne maintenant aussi les Verts. Autrefois, elle était uniquement réservée à l’Union et au Parti social-démocrate (SPD). Portés par la catastrophe nucléaire de Fukushima, les Verts allemands pourraient même accéder pour la première fois au siège de chancelier. Le parti des Verts pourrait atteindre les 25 pour cent. Cette progression montre avant tout une chose: les Verts sont populaires, et le deviendront toujours plus. 

En Suisse, c’est un peu plus compliqué. Car les Verts divisent leurs voix. Certains se dirigent vers la gauche pure et dure, d’autres marchent sur la voie des libéraux. Le désir d’avoir une politique verte est pourtant indéniable. Les Verts suisses – PES et Vert’libéraux – obtiendraient ensemble tout juste 15 pour cent des voix lors des élections de cet automne, selon un récent sondage. C’est presque autant que le PDC et un peu moins que le PLR. Ce dernier occupe jusqu’à présent deux sièges au Conseil fédéral. Le siège du PDC est de toute façon controversé. 

Pour les Verts, la participation au gouvernement est une chose acquise dans neuf cantons et dans les grandes villes de Suisse depuis des années – parfois des décennies – mais ne l’est toujours pas au niveau fédéral. Mais la pression devient de plus en plus grande à chaque législature. D’un point de vue arithmétique, il pourrait maintenant y avoir une voix verte au gouvernement. D’autant plus lorsque l’on considère la prochaine législature. 

Le thème central dominant sera celui lancé par la conseillère fédérale Doris Leuthard, à savoir la sortie du nucléaire. Pour mener à bien ces travaux d’Hercule, les Verts doivent être impliqués sur le plan de la responsabilité. Ils ont à leur côté les associations environnementales et de protection de la nature. Et sans leur coopération, le projet du siècle risque d’échouer. 

D’un point de vue arithmétique, il pourrait maintenant y avoir une voix verte au gouvernement. 

Ce qui différencie aussi les Verts suisses de leurs voisins du nord, c’est que les Allemands disposent d’un grand nombre de dirigeants politiques populaires. Jürgen Trittin, Renate Künast, Cem Özdemir ou Claudia Roth: on les croit tous capables d’accomplir des tâches très importantes en politique. Sur ce plan, le parti de Ueli Leuenberger doit encore progresser. 

Les Verts se sont présentés aux élections du Conseil fédéral avec Luc Recordon et Brigit Wyss. Les candidats étaient symboliques et d’une manière ou d’une autre, on ne s’attendait pas à une élection. Tous deux ont enregistré un succès d’estime, et étaient en définitive comme des pages blanches en politique mais ont été malchanceux. 

Aujourd’hui, la situation est différente: pour la première fois, il existe une réelle chance, bien qu’elle soit mince. M. Leuenberger l’a compris et a aussitôt nommé un groupe de six candidates et candidats. Avec le président du gouvernement bâlois Guy Morin et le conseiller d’État bernois Bernhard Pulver, il croit pouvoir lancer dans la course deux personnalités charismatiques. Cette fois, les Verts semblent prendre la chose au sérieux. Et cela est aussi dû à l’évolution dramatique de la politique énergétique. Maintenant, on a besoin de voix vertes au Conseil fédéral.