C’est l’heure du débat sur l’Europe!

Il y a un an, nous avons fondé Opération Libero afin de briser un silence qui s’était confortablement installé – surtout dans le débat sur l’Europe. Mais le silence était trop tenace, les atermoiements trop nombreux, les demandes pas assez obstinées. Ni nous ni aucune autre personne n’a pu imposer un débat sur la question politique la plus importante de notre époque: comment doit évoluer notre relation avec l’Europe?

Seul le camp national-conservateur a un concept de politique européenne.

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Image: Lukas Lehmann (Keystone)

La campagne électorale fut une tragédie. Seul le camp national-conservateur a un concept de politique européenne: la Suisse recherche son bonheur toute seule, retire à ses citoyennes et à ses citoyens la liberté de circulation vers l’Europe et ferme des frontières qui passent au milieu de ses principaux espaces économiques. Les autres partis ont seulement laissé entendre faiblement la parole «Maintenir les bilatérales». Ce n’est pas une politique européenne. Les bilatérales sont dans l’impasse, l’UE bloque tous les dossiers et insiste pour qu’une solution institutionnelle soit trouvée. Il n’a toujours pas été établi comment l’acquis juridique communautaire sera développé et comment la Suisse pourra résoudre les conflits avec l’UE sans que l’ensemble du cadre contractuel menace de s’effondrer. «Maintenir les bilatérales» est donc seulement un slogan, pas une contribution au débat.

L’heure est venue de s’attaquer courageusement aux défis européens. Cela vaut pour tous les partis et en particulier pour le PLR. Il a en son pouvoir de faire que la prochaine législature soit marquée par la recherche d’une solution avec les forces constructives de l’Assemblée fédérale ou par les mensonges des romantiques nationalistes. Le temps manque pour les mensonges car la Suisse se trouve à la croisée des chemins: nous allons voter sur la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration de masse et donc décider si la Suisse se retire du marché européen et essaie de tirer des frontières contrôlables au milieu de ses principaux espaces économiques ou si elle veut organiser ses rapports juridiques de manière fiable et avec une capacité évolutive.

Opération Libero a présenté sa vision avant les élections: la Suisse maximature! Une Suisse qui ne se fait pas petite et qui sait qu’elle ne doit pas se refermer face à l’Europe. La Suisse maximature a besoin d’une amélioration de la collaboration avec l’UE sur des thèmes d’une importance centrale pour la Suisse: nous rangeons dans cette catégorie l’extension de la libre circulation des personnes à la Croatie, la coopération en matière de recherche (Horizon 2020), un accord sur les services financiers, la libéralisation réciproque de l’agriculture, un accord sur l’électricité et la promotion de la culture.

Il est nécessaire d’avoir maintenant un vrai débat. Il est inconcevable qu’un débat sur l’avenir de notre pays en Europe ne soit mené que par un seul parti. Les partis du centre doivent enfin regarder leurs électrices et leurs électeurs dans les yeux et dire: il y a ici quelques décisions urgentes que nous devons prendre. Commençons dès maintenant.

De même, le Conseil fédéral doit enfin s’exprimer clairement. Il doit indiquer si et sur quoi l’UE négocie réellement ainsi que les options qui se présentent à la Suisse. Nous devons connaître l’éventail des possibilités pour trouver la meilleure solution.