Employés Suisse craint une pression sur les salaires moyens

En sa qualité d’organisation d’employés, il va de soi qu’Employés Suisse revendique des salaires équitables. Nous estimons cependant que vouloir atteindre cet objectif par le biais d’un salaire minimum, édicté par l’Etat et valable pour toute la Suisse, est une erreur. Selon nous, les raisons suivantes amènent au rejet de l’initiative sur le salaire minimum du 18 mai prochain:

A peine 10% des travailleurs gagnent moins de CHF 4000.–en Suisse. Le salaire minimum mettrait donc sous pression les salaires moyens d’une grande majorité. Et les employeurs risqueraient de s’orienter sur le salaire minimum et de niveler les salaires moyens par le bas. L’économiste ReinerEichenberger craint par ailleurs que «l’effet négatif général du salaire minimum» n’ait des conséquences pour la classe moyenne qui en fera les frais d’une manière ou d’une autre.

Un salaire minimum appliqué à l’échelle nationale est un corset trop rigide.

Le salaire minimum mettrait  sous pression les salaires moyens d’une grande majorité. Ici une manifestation d’Unia à Bâle   (Image/ Georgios Kefalas / Keystone)

Le salaire minimum mettrait sous pression les salaires moyens d’une grande majorité. Ici une manifestation d’Unia à Bâle (Image/ Georgios Kefalas / Keystone)

Mais le salaire minimum de CHF 4000.– proposé menacerait aussi l’emploi. Les principales victimes seraient les travailleurs peu qualifiés, et en particulier les femmes et les jeunes. Nous sommes convaincus que les employés trouveront davantage leur compte si les patrons investissent dans la formation plutôt que dans un salaire minimum.

Un salaire minimum appliqué à l’échelle nationale est un corset trop rigide. Tout l’art de la régulation réside justement dans le fait de trouver un équilibre entre l’aspiration des employés à être mieux payés et le besoin de flexibilité de l’employeur. Pour atteindre cet équilibre, nous misons sur une méthode éprouvée: le partenariat social.

Laisser l’Etat fixer un salaire minimum remettrait en question le système éprouvé de détermination des salaires, ce qui n’est nullement une nécessité. Le système actuel, dans lequel le salaire est librement déterminé, permet aux entreprises d’intégrer au marché du travail des personnes peu qualifiées ou moins performantes.

Oui, les salaires exorbitants des grands managers tels que Dougan, Ermotti& Co. sont un scandale et une provocation. Et il est tout à fait logique que nombre de citoyens envisagent de dire oui à l’initiative pour envoyer un signal fort. Mais les arguments présentés ci-dessus parlent en faveur d’un Non. Depuis l’adoption de l’initiative sur l’immigration de masse de l’UDC, nous savons parfaitement à quoi mènent les «votations servant de leçon».