Caisse unique: des milliards de dépenses et une expérience mettrant en danger la qualité du système de santé

Les auteurs de l’initiative en faveur d’une caisse unique affirment que la nationalisation de notre système de santé permettrait de réduire ses coûts et par conséquent le niveau des primes. En réalité, c’est le contraire qui se produirait.

L’introduction du monopole étatique sur le système de santé aurait de lourdes répercussions sur la qualité des soins en Suisse ainsi que sur notre économie. Actuellement, les caisses maladie sont encouragées à proposer des modèles d’assurance en phase avec les besoins de leurs clientes et clients. A défaut d’une offre intéressante, les assurés se tournent vers la concurrence. Ainsi, les caisses sont contraintes à améliorer en permanence la qualité du service et de l’offre ainsi qu’à limiter leurs frais. De plus, les caisses maladie contrôlent chaque année près de 100 millions de factures d’hôpitaux, de médecins  et de pharmacies  et permettent ainsi au système de santé de réaliser une économie annuelle d’environ deux milliards de francs.

Le projet de caisse unique reviendrait à imposer un monopole qui n’encouragerait plus à limiter le coût des primes. Ce n’est certainement pas dans l’intérêt des citoyennes et citoyens et de leur portefeuille!

Une opération à Lausanne le 3 octobre 2013 (Image : Keystone / Jean-Christophe Bott)

Une opération à Lausanne le 3 octobre 2013 (Image : Keystone / Jean-Christophe Bott)

Etant donné que les assureurs maladie sont en concurrence, ils sont contraints d’exécuter ces tâches de la façon la plus efficace possible. C’est pourquoi les coûts administratifs des assureurs maladie sont en moyenne d’environ 5,4% inférieurs à ceux des caisses publiques telles que la Suva, l’AVS, l’AI ou l’AC. Avec une caisse unique, les citoyennes et citoyens  n’auraient qu’une seule alternative à leur disposition et seraient forcés de quémander auprès de l’Etat, détenteur du monopole.  Par ailleurs, selon les projets du PS, les postes clés de la caisse unique seraient occupés par les représentants des professions médicales. Il va de soi que ceux-ci ne s’engageraient pas de façon aussi systématique en faveur de tarifs abordables.

Rien que la transition du système libéral vers un système monopolistique coûterait des milliards. L’infrastructure des assureurs maladie actuels ne serait plus nécessaire. En revanche, l’Etat devrait mettre en place une infrastructure similaire. Les deux systèmes devraient fonctionner en parallèle pendant des années afin de garantir une bonne transition. Aussi bien les professionnels de la santé que les assurés seraient confrontés à une confusion générale qui mettrait en danger la qualité du système. En outre, on assisterait à une augmentation des primes et des impôts pour financer le processus de nationalisation et de réorganisation. A quoi bon toutes ces dépenses? Pour économiser chaque année environ 77 millions de francs de frais publicitaires, à savoir 0,3% des dépenses totales des assureurs maladie? Le projet de caisse unique reviendrait à imposer un monopole qui n’encouragerait plus à limiter le coût des primes. Ce n’est certainement pas dans l’intérêt des citoyennes et citoyens et de leur portefeuille!

Le signal est clair: l’initiative doit être rapidement soumise à votation par le peuple.  Le parlement doit accomplir son devoir, à savoir tout d’abord délibérer sur l’initiative sans plus attendre, puis établir une meilleure comparaison des coûts avant la votation et s’assurer que la loi ne pousse plus les caisses maladie à partir à la chasse aux bons risques. Au contraire, les assureurs doivent être incités à offrir à leurs assurés des conseils et un traitement de qualité dans le but d’une guérison rapide et durable. Ce type de concurrence serait dans l’intérêt des patients et viendrait compléter le système de santé actuel, orienté vers la qualité et la liberté de choix. Une telle approche permet de mieux comprendre ce dont notre système de santé a besoin, à savoir de réformes et non pas de mesures radicales avec une caisse unique comme dans les économies dirigées.