Le tonton raciste n’est pas de bon conseil

Nous avons tous un beau-frère, un cousin ou un tonton raciste. On sait qu’avant la fin de la soirée il va cracher son venin sur les étrangers. C’est son sujet de conversation favori. L’initiative «Contre l’immigration de masse» de l’UDC aurait pu germer dans sa tête.

Le plan? Renvoyer ces Français qui mangent notre pain. Virer ces Allemands avec leur «Hochdeutsch» de snobs qui veulent faire la loi. Dehors, ceux qui font des bouchons sur nos routes. Du balai, les envahisseurs qui remplissent nos trains, qui squattent nos logements, nos hôpitaux et les places d’apprentissage de nos enfants.

Un peu de réflexion suffit pourtant à constater que la prospérité de la Suisse est assise sur l’immigration.

Une illusion, l'initiative UDC contre l'immigration massive? Le peuple dire ce qu'il en pense dans un an. (Image: Keystone)

Un peu de réflexion suffit pourtant à constater que la prospérité de la Suisse est assise sur l’immigration. Des centaines de milliers de places de travail ont été créées depuis 2002. Le chômage, en moyenne nationale, n’augmente pas. Sans les étrangers, notre économie s’effondrerait.

Mais le raciste de la famille raisonne peu. Il parle avec sa peur et ses obsessions. Et il arrive à convaincre son monde, même quand les arguments sont absurdes: en 2009, les Suisses acceptaient une initiative antiminarets pour se protéger d’une invasion de… quatre minarets.

Personne ne nie que la démographie pèse sur les transports, l’énergie ou la délinquance. La pression sur les salaires et les logements est douloureuse. Beaucoup de Suisses en souffrent. Sans être xénophobes, ils seront tentés de voter l’initiative. Ils redoutent, avec raison, que l’abondance de main-d’œuvre n’incite le patronat à engager des forces nouvelles plutôt qu’à encourager la requalification des Suisses.

Le problème, c’est que l’initiative de l’UDC est une illusion: contenir l’immigration, fermer les frontières ou divorcer d’avec l’Europe sont des promesses intenables.

Il reste une année au patronat et à la majorité politique pour convaincre les Suisses que l’UDC ne propose pas la bonne solution. Et que leur tonton raciste a tort.