La victoire africaine de Sommaruga

Sans possibilité d’exécuter les renvois, la politique d’asile de la Suisse n’a aucune crédibilité. Le constat n’est pas nouveau. Sous la pression de plus en plus insistante des Cantons, submergés par l’afflux de requérants, la Confédération remet l’ouvrage sur le métier, avec Simonetta Sommaruga à la manœuvre.

Concrètement, il s’agit de convaincre les Etats réticents à reprendre leurs ressortissants illégaux en Suisse. Une méthode initiée par Ruth Metzler, mais peu suivie par Christoph Blocher et Eveline Widmer-Schlumpf, qui n’ont pas particulièrement brillé en la matière. Entre-temps, la méthode a changé: on ne parle plus d’accords de réadmission «secs», où seul le pays d’émigration s’engageait à faire un effort. Place à la politique de la carotte et du bâton. En clair, le message est: «Reprenez vos migrants illégaux et on vous aidera.» Cela passe par des collaborations en termes de formation, de financement de projets sociaux, etc.

Le plus dur reste à faire: dénicher à l’échelle du pays les 4600 places d’accueil qui manquent.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga est à la manœuvre sur le dossier de l'asile et du renvoi de requérants.

La ministre socialiste chargé de l’écrasant dossier de l’asile aligne quelques succès en Afrique, même si l’application des accords conclus reste compliquée. Ainsi, après avoir convaincu le Nigeria et la Tunisie, Simonetta Sommaruga a signé ces derniers jours des accords avec le Congo-RDC et l’Angola. Et même si seulement une minorité de requérants en Suisse sont issus de ces deux pays, le geste compte, dans un dossier où l’on peine à trouver des solutions. Il est donc à saluer.

Mais la vraie victoire en matière d’asile se jouera en Suisse. Il s’agit du raccourcissement des procédures. Simonetta Sommaruga y travaille depuis son arrivée au Conseil fédéral fin 2010, et ces derniers mois, elle marque enfin des points. La ministre a déjà réussi à fédérer Cantons et Communes afin de plancher sur des solutions concrètes. Le plus dur reste à faire: dénicher à l’échelle du pays les 4600 places d’accueil qui manquent.